Le 3 juillet, la troupe quitta la forêt. .. quatre vingt prisonniers furent attachés au moyen de lanières qui les étranglaient presque. On avait cessé de décapiter ; la force de l’habitude poussait les hommes à faire preuve d’imagination. Le retour de l’ancien conquérant pétrifia les indigènes... ».

Cette fois, l’honneur en revient aux artilleurs, qui l’avaient bien mérité... Les artilleurs de Joalland artillèrent donc, sous les acclamations de leurs camarades... On fit ripaille... Tard dans la nuit, on vit des tirailleurs ivres morts, vautrés dans leur butin. Dans chaque royaume africain, il existait une classe guerrière au service des grandes familles régnantes. Le 23, les officiers Joalland, Henric (médecin) et Bouthel (dont la compagnie est chargée des femmes dans le convoi) signent le rapport : « Le sergent major Laury fera mettre le feu aux cases et aux magasins ». Le regroupement des deux colonnes fournit une force militaire apte à apeurer toute l’Afrique Centrale . Il tombe le 26 octobre 1886, à la bataille de Dékhélé, au cours de laquelle le capitaine Valois a été aidé par l’un de ces anciens fidèle, Demba War Sall. Puis on sortait les femmes dans la cour. Le 26 juin, Chanoine et Joalland campèrent à karangoni. Le 28 mai, on alla se divertir à Rima.

Quand ils étaient rentrés, ils ramenaient une centaine de gaillards hébétés. Les gosses : un coup de crosse suffisait à les faire taire, leur crâne explosait comme une noix. Tout le mil encore sur pied a été coupé et brûlé pour ne laisser aucune réserve aux habitants... Dans le Tarodi, les cadavres des porteurs tués par ordre commençaient déjà à jalonner la route suivie par la colonne... Sur la rive gauche, toute la région a été mise à feu et à sang. Un coup de sabre ou une balle de révolver marquait pour lui la fin du voyage... A l’avant, Voulet ne daignait même pas se retourner sur ce piètre spectacle ».

Il était aussitôt parti avec ses cavaliers. Il n’en restait plus que des ruines. Meynier reçut une nouvelle blessure aux jambes ».

Chaque village, désormais, était mis à sac. Le 3 janvier 1900, « pour fêter le nouveau siècle, Joalland prit Mao, à cent kilomètres au nord du lac », avant de revenir faire sa jonction avec Meynier à Guilbeï..

Et si on en avait envie, c’était le moment.

Le 17 avril, un rapport de Melle Corvin parvint au ministère des Colonies. Beaucoup de villages ont été brûlés... A Sansanné Haoussa ... environ quatre vingt dix à cent vingt femmes et enfants furent assassinés à coups de baïonnette parce que les femmes étaient trop vieilles et les enfants trop petits pour suivre la colonne... A Hamdallaye, brûlé et pillé, vingt-cinq femmes nues noires et de petits enfants ont été massacrés à coups de baïonnette... A Karma, le capitaine Chanoine fit réunir tous les hommes sous prétexte de faire un cadeau au chef ; il en emmena 40 et fit exécuter 50 autres... Quant aux porteurs, chaque fois que l’un d’eux ne peut plus suivre, on l’abat à coups de sabre ou de baïonnette pour économiser les balles... A Say, une vingtaine de cadavres abandonnés ont été seulement jetés dans un bouquet d’arbustes... » Les autorités françaises décidèrent alors d’envoyer une deuxiéme colonne dirigée par le colonel Klobb pour faire un constat sur l’action de la mission Voulet Chanoine. Les résistances à la domination et la conquête coloniale font partie intégrante de l'histoire congolaise. Le soir, autour des feux, puis plus tard sous les tentes, ce fut à nouveau la bamboula.

« La dysenterie rongeait les porteurs. Le 7 décembre 1900, la Chambre des députés enterra l’affaire Voulet Chanoine. En 1896, « il faisait achever ses porteurs trop fatigués pour pouvoir aller plus loin.

Le 5 janvier 1899, la colonne Voulet Chanoine campa à Sansanné Haoussa. Comment les soldats se répartissaient-ils les femmes ?